Arnaud Gosselin

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AUTOBIOGRAPHIE

Je suis né en Corse, à Bastia, d’un père apiculteur et d’une mère cueilleuse d’herbes sauvages et éleveuse de poules. A deux ans et demi, je grimpai en haut de l’échelle qui menait au grenier à foin : mon père vint m’y chercher calmement pour me redescendre intact. A trois ans, je débrayai la camionnette et partis en pente sur la petite route qui sort du village et longe le muret derrière lequel se déroule, presque à pic, la belle vallée de Tartagine. Là encore mon père nous rattrapa, moi et la camionnette, de justesse.

Plus tard nous quittons la Corse pour rejoindre le « continent », et on me retrouve à Cassis, durant les vacances, avec palmes et tuba, explorateur infatigable de fond marin, chasseur de girelles, de poulpe et autres improbables proies de mon harpon, téméraire escaladeur de rochers surplombant la mer, ainsi que de collines menant à des châteaux.

Le reste de l’année, je me retrouve prisonnier de la ville que je ne connaissais pas, faisant mon entrée à l’école sans que j’y trouve jamais vraiment ma place. Je reste un étranger dans cet univers collectif, ne parvenant à me faire que de rares amis que j’entraîne dans les interminables histoires sorties de mon imaginaire. Je développe vite un goût pour le jeu théâtral, me faisant à toutes occasions acteur improvisateur de mes inventions.

Par la suite bientôt épris d’écriture, et plus tard au lycée, passionné de littérature et de poésie, le goût de l’escalade et des escapades ne me quitte pas, et je me lance, entraînant quelques copains, dans l’ascension de la belle cathédrale de Tours, me faisant l’ami des clochards qui y séjournent et que je rejoins certains soirs, quittant la maison par la fenêtre. Piétinant à passer le bac et attiré par le grand large, les départs, l’inconnu, la route, je m’esquive, je m’évade, appuyant cette évasion dans le sentier d’écriture. Je cherche les lieux où improviser, créer librement, me lancer dans des aventures. Je me prend d’amitié pour la peinture et rencontre le sculpteur Lo-Maad qui m’accueille dans sa galerie-atelier La Gargouille à Tours. Et me voilà jeune papa, tantôt là, étudiant en lettres et créateur de troupe éphémère, tantôt parti à Paris où je me prends à improviser des poèmes sur les places et dans les cafés, traînant avec moi des textes et des dessins que j’essaie de vendre.

Fatigué d’osciller entre Paris et Tours, je pars en Haute-Savoie chez mon oncle où je fais connaissance avec une journaliste qui deviendra mon amie et m’embauche pour corriger ses textes. Je fréquente des troupes de théâtre amateurs, jusqu’à la rencontre qui me donnera un cadre d’évolution professionnel et en même temps une ouverture vers la liberté conquise, au cours d’un stage de lecture à voix haute. C’est aussi là que je découvre et anime mes premiers Chœurs de lecteurs. Je deviens alors apprenti-formateur et animateur d’ateliers. C’est en partant pour Lille que je persévère dans cette voie, tout en continuant d’écrire et de proposer mes textes, dont l’un « Poussières de Lune » servira à la réalisation d’une séance de planétarium au Forum des Sciences de Villeneuve d’Ascq.

Depuis je continue d’écrire et de peindre, dans mon atelier d’Aubusson dans la Creuse, je raconte et j’anime des ateliers au sein de l’association la vache rebelle, qui a pour objet central une recherche autour du langage, en lien avec l’écriture, la lecture, la peinture et le conte.

ENTRETIEN : Pourquoi le Noctilus ?

Aujourd’hui intervenant professionnel en expression, je déploie mes talents en relation avec le Noctilus Théâtre, qui a su me faire une place à la fois en tant que peintre, comédien, conteur, animateur d’ateliers et metteur en scène. J’apprécie le sérieux de cette compagnie, son engagement artistique et professionnel, la qualité des rencontres et des projets auxquels elle m’a permis de participer.

Arnaud P